Les Composés Organiques Volatils (COV)




Les Hydrocarbures Aromatiques Monocycliques sont une famille de Composés Organiques Volatils (COV) parmi lesquels ne sont actuellement analysés que le benzène, le toluène et les ortho-méta et para-xylènes (BTX). Les autres COV sont les aldéhydes, les cétones et les hydrocarbures halogénés de faible poids moléculaire.

Les sources potentielles

Les COV entrent dans la composition des carburants mais aussi de nombreux produits courants : peintures, encres, colles, détachants, cosmétiques, solvants... pour des usages ménagers, professionnels ou industriels.

Des COV sont émis également par le milieu naturel (végétation méditerranéenne avec les pins, par exemple) et certaines aires cultivées.

Les sources potentielles spécifiques aux COV se retrouvent essentiellement en air intérieur.

Les composés organiques volatils les plus fréquemment mesurés sont : Benzène, Toluène, Ethylbenzène, meta, para-Xylènes, ortho-Xylène, Styrène, Trichloroéthylène, Tétrachloroéthylène, n-décane, n-undécane.

Les Composés Organiques Volatils Non Méthaniques (COVNM) regroupent une multitude de substances comme le propane, l’acétone, les alcools, etc. excepté le méthane qui est un COV particulier traité séparément. Ils peuvent être d’origine anthropique (raffinage, évaporations de solvants organiques, imbrûlés, etc.) ou naturelle (émissions biotiques). Les COV du poste « Hors Total » correspondent principalement aux émissions biotiques des forêts. Comme les NOx, les COVNM interviennent dans la formation des oxydants photochimiques (ozone, etc.) et, par effet indirect, dans l’accroissement de l’effet de serre.

A La Réunion, les émissions totales de COVNM s’élèvent en 2007 à 6,7 kt. Le principal secteur émetteur de COVNM est le résidentiel/tertiaire avec 46 % des émissions. Le transport routier génère 30 % des émissions et l’industrie manufacturière, plus particulièrement le sous-secteur de l’agroalimentaire, représente 19 % des COVNM de La Réunion. Enfin, la transformation de l’énergie rejette la quasi-totalité des émissions restantes. Cette répartition illustre le caractère très « diffus » des émetteurs en comparaison des autres polluants. Des émissions fugitives ont lieu au cours du stockage et de la distribution de combustibles liquides (stations-service et dépôts de carburant notamment).

Les effets sur la santé

Les effets sur la santé des Composés Organiques Volatils (COV) sont très différents selon le polluant envisagé. Ils peuvent générer une certaine gêne olfactive, une irritation voire une diminution de la capacité respiratoire. Les aldéhydes sont très irritants pour les muqueuses oculaires et respiratoires. Certains d’entre eux, tel le formaldéhyde, sont également à l’origine d’allergies de contact cutanées. Les cétones induisent des effets neuro-comportementaux (céphalée et somnolence). Le benzène provoque une dépression de l’immunité cellulaire, des atteintes du système nerveux et des leucémies. Le toluène et le xylène sont des irritants cutanés et peuvent provoquer des troubles du système nerveux central : troubles de la mémoire, insomnies, diminution des performances intellectuelles, troubles de la personnalité.

Des nuisances olfactives peuvent aussi être liées aux émissions de COV, notamment aux émissions de composés soufrés (Thiols), amoniaqués (Amines) et les aldéhydes.

Réglementation

Pour le benzène : la teneur maximale en benzène des carburants est passée de 5% à 1%, au 1er janvier 2000.

Dans l’air ambiant, le décret N° 201-1250 du 21 octobre 2010 définit pour le benzène :

  • un objectif de qualité : ne pas dépasser 2 µg/m3 en moyenne sur l’année civile.
  • une valeur limite pour la protection de la santé humaine : ne pas dépasser 5 µg/m3 en moyenne sur l’année civile.

Le toluène, quant à lui, n’est pas soumis à réglementation. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) préconise cependant de ne pas dépasser les valeurs suivantes :

  • 260 µg/m3 en moyenne sur 7 jours (en ambiance de travail),
  • 1 000 µg/m3 en moyenne sur une demi-heure (seuil olfactif).

Les xylènes ne sont pas soumis à réglementation. L’OMS préconise de ne pas dépasser les valeurs suivantes :

  • 4 400 µg m3 en moyenne sur une demi-heure (seuil olfactif),
  • 4 800 µg/m3 en moyenne sur 24 heures (effets constatés sur des groupes de volontaires).

Pour le Tétrachloroéthylène, la valeur guide de l’OMS est de 250 µg/m3 sur 1 an.

Pour le Styrène, la valeur guide de l’OMS est de 260 µg/m3 sur 1 semaine.

Parallèlement à ces données, le projet européen IndEx (« Indoor Exposition ») travaille sur la mise en place de données de référence pour la qualité de l’air intérieur. Pour les xylènes, une valeur pour une exposition chronique a été déterminée à 200 µg/m3, afin d’éviter des risques d’irritation. Pour le toluène la concentration limite pour une exposition à long terme a été fixé à 300 µg/m3, pour le benzène 5 µg/m3 comme cela est le cas en air ambiant extérieur, et pour le styrène, la valeur a été fixée à 250 µg/m3 également pour une exposition sur du long terme.

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